Critiques sur Bernard Buffet

Critiques

Publié le : 13 janvier 20124 mins de lecture

Critique de l’institut culturel Bernard MAGREZ

« Vendues dans le monde entier, ses toiles reflètent l’attrait de l’artiste pour la perfection du dessin et des couleurs et témoignent de sa persévérance, son acharnement au travail, de toutes ces années passées dans ses différents ateliers. Elles traduisent aussi la mélancolie de l’artiste, de ses traumatismes d’enfance et de l’occupation sous la Seconde Guerre Mondiale. Un certain désespoir habite les œuvres du peintre, aucun de ses personnages à la maigreur extrême ne sourient, même pas les clowns. Les thèmes qu’il chérit, les natures mortes, les fleurs, les villes, les jardins, s’avèrent tristes et sa fleur favorite est l’épineux chardon.
Buffet restera fidèle à ce style, employant systématiquement ce noir profond, témoin de son mal de vivre,sous la forme de traits striant ainsi ses toiles figuratives à l’univers si singulier. »
« Bernard Buffet (1928-1999) est apprécié dans le monde entier pour ses traits noirs et ses couleurs sombres exprimant le malaise et le vide ressentis après la Seconde Guerre mondiale. Ses portraits, privés de toute vanité, considérés comme l’aboutissement des réflexions sur l’absurde de Camus et de l’existentialisme de Sartre, ont fait de lui le porte-drapeau de la peinture figurative. Avec Bernard Lorjout et André Minaux, Buffet appartenait au groupe de L’Homme témoin qui prônait le retour au réalisme concret et à la peinture figurative. Au milieu des années 1950, son travail a été présenté à plusieurs occasions au Japon, où la peinture abstraite était alors à son apogée. Il y influença de nombreux artistes par ses lignes droites noires et son expression puissante. Plus d’un demi-siècle après, l’influence de Buffet, intacte, continue d’opérer sur les scènes artistiques japonaise et mondiale. »

Critique de Kiichiro OKANO fondateur du musée Bernard BUFFET, Tokyo, Japon

« Je me souviens d’être resté ému et stupéfait devant ses peintures. Je venais d’être démobilisé après plusieurs années de guerre. La forme, les traits uniques et tranchants, les couleurs sombres à dominante blanche et noire. Cette acuité. Profondeur de sa tristesse. Vacuité sèche. Le silence rouillé et la poésie règnent. J’y ai vu une dénonciation et un défi lancé à la société française délabrée de l’après-guerre. Ses peintures ont percé d’un rayon le néant et l’inertie de la défaite qui pesaient sur l’ensemble de notre jeunesse. La France, dont le territoire avait été à plusieurs reprises un champ de bataille, qui avait subi l’occupation, dont les habitants s’étaient entretués. Il s’imposa à moi que les atrocités de la Deuxième Guerre mondiale avaient fait naître un peintre de génie, si jeune, avec une sensibilité et une capacité d’expression telles qu’elles eussent éclairé de son aurore la mélancolie qui gisait dans mon cœur. Depuis, je suis devenu captif de Buffet. Pour moi qui ne crois en aucune religion, seuls ses tableaux m’ont donné une lueur et un chemin. Tel fut le début de ma fervente admiration pour Buffet. »